La thérapie par la pioche

théorique et pratique

 

Pour tout ceux qui éprouvent un mal aise inexplicable quotidien, symptomatique d'un système de vie et d'évolution en manque de souffle.

Nous avons oublié qui nous étions, notre utilité et rôle pour notre entourage, notre espèce et notre monde.

 

Découvert au hasard d'un emploi : les piochage des vignes. Activité tout à fait rebutante, arriérée. On se demande au départ combien de temps on va rester / tenir dans cette « activité ».

Au delà de la réaction dédaigneuse et d'abandon que l'on a au départ, se cache un voyage extraordinaire. Les premiers jours, on a mal au corps entier, on prend conscience de l'existence de muscles que l'on aurait jamais su placer sur un mannequin. On ne ressent que la faim, la soif et une extrême fatigue.

Notre vie devient alors minimaliste et se recentre sur les besoins les plus fondamentaux de notre corps. Tout ce qui est futile disparaît car l'on est bien incapable de faire autre chose qu'assouvir ces 3 besoins vitaux. En revanche ces derniers prennent des proportions et une valeur que l'on a jamais soupçonné : le goût de chaque aliment, leurs parfums, la douceur de notre couette ou de notre oreiller.

Les besoins fondamentaux ont perdu de leur sens et importance aujourd'hui (dans nos sicétés occidentales) car la facilité et l’opulence de nos modes de vies nous apportent cela dès la naissance (et c'est une bonne chose), mais sans que l'on ai réellement besoin d'y penser ni d'en prendre pleinement conscience. Notre modernisation incontestablement agréable a en partie contribué au désarroi généralisé des populations occidentales. Comment savoir quoi faire de nos vies lorsque l'on en a perdu le sens, le but ?

Les buts que l'on nous a vendus dès l'enfance (propriétaire de sa maison, de sa télé, de sa voiture neuve,...) ne sont pas ceux dont notre espèce à réellement besoin pour évoluer. Comment remettre les choses dans l'ordre ? Revenons à la pioche.

Les premiers jours passés, notre corps s'habitue et la pensée se libère à nouveau ; là, nous prenons conscience de ce qui pouvait être utile ou inutile dans nos vies – nous faisons le tri.

Après s'être recentré sur nous même, redécouvert qui nous étions, nous pouvons réfléchir à notre futur en fonction de ce que l'on aime profondément, de ce qui nous passionne et nous anime. Il est impossible d'ériger un édifice important, sans des bases solides et définies

Lorsque l'on reprend le cours de sa vie après ce « stage », on se souviens de l'importance qu'avaient les goûts, les odeurs ; tous nos sens exacerbés pendant ces semaines nous auront laissé des traces indélébiles et nous permettront de voir chaque chose avec une toute autre couleur.

La douleur sera oubliée mais les joies qui en ont découlé seront tenaces et nous permettrons d'avancer avec beaucoup plus de sérénité.

 

Je ne suis qu'un être vivant, j'ai des sens d'une puissance incroyable et la technique ne doit en aucun cas masquer et remplacer ces sens, car sinon, je ne serais plus humain.

 

Cette tâche qui nous paraissait tellement grégaire au départ nous aura finalement permis d'être sensible à toutes les beautés et les plaisirs qui nous entourent quotidiennement, et à l'inverse nous aura libéré (ou tout du moins fait réfléchir) des futilités qui nous asservissaient passivement.

 

La compréhension de notre propre vie est primordiale au développement de notre compassion, qualité essentielle à la survie de tous les êtres vivants. Alors seulement, nous comprendrons le sourire que peut avoir cet enfant du bout du monde, habillé de haillons face à son unique repas quotidien.