Il semblerait aujourd’hui qu’un changement de grande ampleur s’amorce, je le ressens mais pourtant je n’ai pas encore fois en l’humanité. Bien que l’on observe des prémices de réflexions (généralisées) en occident, j’ai du mal à comprendre la faiblesse des hommes. « J’ai un écran plat, un robot de cuisine, une voiture neuve, un joli pavillon de lotissement, je me sens pourtant mal mais je ne cherche pas à comprendre pourquoi » ; je me cache parce qu’être moi-même serait trop douloureux.

Un homme bien plus sage que moi à dit « le malheur proviens ce que l’on ne possède pas et qui nous manque, mais également de ce que l’on possède et qui ne nous est pas essentiel ». Pourquoi l’homme libre a-t-il choisi la facilité. Faire comme son voisin pour s’éviter la réflexion qu’il a déjà menée ?… avec les âges on a plus que des réflexions sur le choix d’un nouveau costume, sur le choix de son somnifère et de la taille de sa prochaine voiture.

Frère pourquoi refuses tu de te poser des questions ? Frère, est-ce que tu as oublié pourquoi il fallait le faire ? Il semblerait que toutes les questions basiques doivent être reposées aujourd’hui. Alors on voit des ingénieurs et des coiffeurs partir des villes pour s’essayer à l’agriculture. Un fragment de population sortant la tête du miasme bétonné et découvrant la simplicité d’une vie signifiante. Je sais que je me lève le matin pour travailler la terre et nourrir ma famille. Je sais ce que je fais, pourquoi et comment.

Sœur, lorsque tu vas négocier un contrat d’assurance pour une entreprise de production qui aura peut-être son siège au Luxembourg, une activité délocalisée en Ukraine, des dizaines de sous-traitants, un millier d’actionnaire. Dis-moi, est-ce que tu sais pourquoi tu te lèves le matin, est-ce que tu sais comment tu nourris tes fils ? Sœur es-tu heureuse quand tu allumes ton ordinateur en arrivant au bureau. Dis-moi, as-tu un sentiment de plénitude ? Pourquoi tu ne veux pas voir que tu donnes de la merde à tes enfants, mais ce n’est pas toi qui les empoisonne, non ce n’est pas toi. C’est cette usine à bouffe qui a voulu gagner plus. Non sœur, ce n’est pas ta faute ! Toi tu as juste voulu gagner de l’argent et tu rentres chez toi de plus en plus décomposée jusqu’au jour où tu exploseras !

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Plus mes yeux s’ouvrent, et plus je pleurs pour vous. Le monde n’est pas fou, le monde est aveugle. On a beau regarder ses frères se faire massacrer à la télé, cela ne nous dérange pas pour autant, non, de reprendre un petit bout de fromage allégé.

« Ce qui m’effraie ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons »  M. Luther King

Je ne veux pas perdre mes rêves, il n’y a qu’eux qui me rendent vivant. Je t’en supplie frère, je t’en conjure sœur, rêvez. Ne vous laissez pas mourir, ne vous laissez pas nourrir par le pognon qui miroite devant vos yeux car ce n’est pas vous qui jouez des ficelles qui l’agitent.

Il est difficile de passer ce mur que l’on nous impose, mais une fois que tu seras dehors tu verras comme c’était facile finalement et comme le monde peut être beau. Tu es si triste à voir pourquoi tu ne veux plus penser, pourquoi tu as si peur de sortir de ce chant de sirène télévisuel.

Ho non je ne fermerais pas mal gueule et si je réussi à emmener ne serait-ce qu’une personne avec moi, je serais alors le plus heureux des rêveurs. Si tu réfléchis à ce que tu fais, à ce que tu dis, toujours, je pourrais arrêter de pleurer un moment pour te prendre dans mes bras.